Référence :1287

Poèmes populaires.

MANUEL, Eugène.

— Paris : Michel Lévy frères, La Librairie nouvelle (impr. J. Claye), 1872. In-18, 184 x 117 : VIII, 235 pp., couverture imprimée. Demi-maroquin havane à coins, filets à froid, dos à nerfs, tête dorée, non rogné, couverture conservée (Vermorel).

Édition originale de ce recueil de 45 poèmes d’Eugène Manuel Ces poésies furent rédigées avant 1870 mais les événements qui eurent lieu cette année en empêcha la publication. Dans ces poèmes, Manuel chercha « à saisir, dans les destinées des humbles et des petits, la poésie cachée », trouvée « sur les grands chemins, dans les rues, dans les ateliers, les taudis et les hospices, et aussi dans le fond ténébreux de ces consciences qui n’ont pas encore pris pleine possession d’elles-mêmes » (pp. VII-VIII).Selon Emmanuel Des Essarts : « Le progrès était incontestable dans le talent du poète, l’originalité évidente. M. Manuel a, sinon créé, du moins inauguré et fait accepter ce genre nouveau de récit pris dans l’existence de chaque jour où le prosaïsme apparent du sujet est relevé par la poésie de l’exécution, où le réalisme du fond est rehaussé par la philosophie de la pensée et le charme du style… M. Manuel a été le premier à dédier tout un livre à la muse populaire, un livre pour ceux que l’on n’avait pas accoutumé de chanter : les humbles, les malades, les pauvres, les dédaignés, les anonymes ! » (Emmanuel Des Essarts, Poètes contemporains, M. Eugène Manuel, in : La Revue politique et littéraire, n° 23, 3 décembre 1881, p. 710).EXEMPLAIRE DE LA COMÉDIENNE SOPHIE CROIZETTE (1847-1901), SOCIÉTAIRE DE LA COMÉDIE FRANÇAISE.Il porte cette dédicace de l’auteur sur le faux titre :à Mademoiselle Croisette (sic), // de la Comédie française, // hommage sympathique de son tout dévoué // Eugène ManuelÀ la fin des années 1860 jusqu’au début des années 1870, Eugène Manuel était très lié avec la Comédie française. Il y donna notamment le 17 janvier 1870 son drame des Ouvriers et en 1873 il y fit représenter sa pièce en vers intitulée L’Absent. Entre temps il composa plusieurs tirades patriotiques interprétées par des comédiens du Français, dont l’une fut d’ailleurs dite par Sophie Croizette en novembre 1870.Cette proximité avec les comédiens de la Comédie française transparaît dans ce recueil où plusieurs des poésies sont dédiées à des comédiens et comédiennes de cette célèbre institution.Bel exemplaire relié par Vermorel. Trace blanche au mors inférieur.Provenance : Sophie Croizette, avec envoi de l’auteur. – Jean Stern (1875-1962) banquier, homme de lettres et escrimeur français, neveu de Sophie Croizette, avec son ex-libris.

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